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Venezuela : que s'est-il passé et qu’est-ce que cela implique pour les marchés ?

MoraBanc 2026-01-09

Que s'est-il passé au Venezuela ?

Les États-Unis ont mené une opération militaire au Venezuela qui a abouti à l'arrestation du président Nicolás Maduro et de son épouse, qui ont ensuite été transférés aux États-Unis pour y être jugés. L'opération a notamment consisté en des frappes aériennes ciblées sur des objectifs militaires et a marqué un tournant politique après des mois de tensions entre les deux pays.

Les autorités américaines ont indiqué que l'objectif était de faciliter une transition politique ordonnée, bien que la situation sur le terrain reste incertaine et que les messages soient souvent contradictoires.

Situation politique : incertitude, mais pas d'effondrement immédiat

Le pays entre désormais dans une phase de transition complexe, avec un équilibre fragile entre continuité institutionnelle et changement politique. Malgré les déclarations initiales des États-Unis concernant leur contrôle direct du processus, il n'y a pas de présence militaire américaine durable dans le pays, et une grande partie de la structure du pouvoir reste opérationnelle.

La vice-présidente Delcy Rodríguez a pris la tête du pays, et tout indique que Washington pourrait opter pour une solution pragmatique, en collaborant avec les autorités actuelles afin d'éviter un scénario de chaos ou de conflit civil. 

Impact sur les marchés

Malgré la force des titres, le ton reste prudent et calme.

Ce type d'opérations, qui sont exceptionnelles, n'implique pas nécessairement un changement structurel immédiat de l'ordre économique mondial.

Les marchés financiers ont tendance à réagir avec modération aux événements géopolitiques lorsque :

  • il n'y a pas d'impact direct et immédiat sur la croissance mondiale, et
  • il n'y a pas de perturbations significatives des chaînes d'offre clés.

C'est, pour l'instant, la situation actuelle.

Et le pétrole ? Un facteur politique clé, mais avec un effet limité sur les marchés

Le pétrole est au cœur du débat politique, mais il ne constitue pas aujourd'hui le principal facteur de risque pour les marchés. Bien que le Venezuela dispose d'énormes réserves, sa capacité à influencer le prix du pétrole brut est limitée à court terme.

Même si les États-Unis ont un intérêt stratégique à normaliser progressivement le secteur énergétique vénézuélien, toute amélioration sera lente et progressive, car elle nécessite une stabilité politique, des investissements importants et du temps. De plus, les épisodes de tension géopolitique ont généralement des effets ponctuels et de courte durée sur le prix du pétrole.

Dans un contexte mondial caractérisé par une offre abondante de pétrole brut, les changements intervenus au Venezuela ne devraient pas modifier le scénario central du marché énergétique à court terme.

Géopolitique : ce qu'il faut surveiller

D'un point de vue géopolitique, cette intervention renforce le leadership des États-Unis en Amérique latine et leur capacité à influencer les ressources stratégiques.

Si la transition est réussie, cela pourrait donner aux États-Unis une plus grande marge de manœuvre dans leurs relations avec la Chine et la Russie, avec le risque d'une éventuelle réaction de ces pays (même si cela semble peu probable).

Le risque géopolitique existe, mais il est perçu comme limité et contrôlable

Conclusions

Nous considérons que les événements au Venezuela ont une importance politique, mais qu'ils ne modifient pas de manière significative le scénario central du marché pour 2026.

  • L'impact sur le pétrole et l'inflation est limité (à court terme) et progressif.
  • À long terme, si l'offre de pétrole augmente progressivement, cela devrait contribuer à réduire davantage l'inflation et à exercer une pression à la baisse sur les rendements.
  • Les marchés mondiaux continuent d'être guidés par des facteurs structurels tels que la croissance, la politique monétaire et l'équilibre mondial entre l'offre et la demande.

Malgré ce scénario de base maîtrisé, les développements politiques et géopolitiques devront être suivis de près, en particulier en ce qui concerne une éventuelle réaction de la Chine ou de la Russie, qui pourrait générer des épisodes ponctuels de volatilité.