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Les marchés retrouvent confiance : à quoi pouvons-nous nous attendre maintenant?

2026-07-08

Juin : le retour aux fondamentaux

Le mois de juin a été marqué par une nette amélioration du moral des investisseurs. L'apaisement des tensions géopolitiques au Moyen-Orient, à la suite de l'accord préliminaire conclu entre les États-Unis et l'Iran visant à rouvrir le détroit d'Ormuz, a considérablement réduit la perception du risque sur les marchés. Cette situation a entraîné une forte correction du cours du pétrole, atténuant les prévisions d’inflation et renforçant les perspectives de croissance des économies importatrices d’énergie.

Dans ce contexte, les investisseurs ont de nouveau porter leur attention sur les fondamentaux économiques et commerciaux. Les titres à revenu fixe ont affiché une performance positive grâce à la baisse des rendements de la dette souveraine, tandis que les actions ont continué à trouver un soutien dans les secteurs liés à l’intelligence artificielle, en particulier les entreprises des domaines des semi-conducteurs, des mémoires, des centres de données et autres infrastructures nécessaires à son développement.

Les politiques monétaires des principales banques centrales continuent de diverger. La Réserve fédérale a choisi de maintenir ses taux d’intérêt, tandis que la Banque centrale européenne les a relevés de 25 points de base face à une inflation toujours persistante.

Une économie qui continue de faire preuve de résilience

La vision des experts de MoraBanc concernant les marchés reste modérément positive. Bien que le contexte économique reste incertain, l’apaisement géopolitique et la vigueur de l’activité économique maintiennent un scénario favorable pour les marchés.

La croissance mondiale continue d’être soutenue par plusieurs facteurs structurels, notamment la solidité des bilans du secteur privé, les investissements liés à l’intelligence artificielle et les mesures de relance budgétaire mises en œuvre dans diverses régions. Néanmoins, l’évolution des prix de l’énergie restera un facteur déterminant pour le rythme de la croissance au cours des prochains mois.

Prévisions de croissance réelle du PIB pour 2026

Source: GIR Goldman Sachs

Inflation et taux d'intérêt : la prudence des banques centrales

Malgré le ralentissement observé en juin, l’inflation reste au centre des préoccupations.

Aux États-Unis, l’impact des droits de douane sur les prix devrait s’estomper progressivement, même si la hausse des prix de l’énergie pourrait maintenir une certaine pression inflationniste à court terme. En Europe, en revanche, la dépendance énergétique rend la région particulièrement sensible à toute hausse des prix du pétrole.

Ce contexte explique pourquoi les banques centrales adoptent une attitude prudente. La Réserve fédérale pourrait retarder de futures baisses de taux, tandis que la BCE maintient une position plus restrictive (après avoir déjà relevé ses taux lors de sa dernière réunion) face à une inflation persistante.

L'intelligence artificielle continue d'ouvrir des perspectives

L'intelligence artificielle reste le principal moteur de la croissance des marchés.

Les bénéfices des entreprises restent favorables grâce aux investissements technologiques, à une demande résiliente et à l'amélioration de leur efficacité. Bien que les valorisations soient aujourd’hui plus exigeantes qu’en début d’année, elles restent soutenues par de solides perspectives de croissance des bénéfices.

Aux États-Unis, la dynamique des marchés continue d’être portée par de solides résultats d’entreprise et par l’élan généré par les investissements dans l’intelligence artificielle, qui s’étend de plus en plus à de nombreux secteurs de l’économie. La consommation reste solide et les entreprises ont démontré leur capacité à préserver leurs marges malgré la hausse des coûts. Toutefois, les valorisations du marché américain restent élevées, ce qui limite en partie le potentiel de revalorisation, et il devient donc particulièrement important de suivre de près l’évolution des bénéfices des entreprises et leur capacité à rentabiliser leurs investissements dans l’IA.

L’Europe gagne en attractivité

L’Europe présente également des arguments positifs dans le contexte actuel.

Les valorisations restent plus attractives que sur d’autres marchés développés et les prévisions de bénéfices s’améliorent progressivement, en particulier dans les secteurs industriels et liés aux matières premières. De plus, les dépenses consacrées aux infrastructures et à la défense contribuent à renforcer les perspectives de croissance de la région.

Cependant, la dépendance énergétique de l’Europe reste l’un des principaux facteurs de vulnérabilité face à d’éventuelles tensions géopolitiques.

Le Japon et les marchés émergents conservent leur potentiel

Le Japon continue de bénéficier de réformes structurelles, d’améliorations en matière de gouvernance d’entreprise et d’initiatives visant à accroître les rendements pour les actionnaires. Cette combinaison de facteurs laisse entrevoir des perspectives favorables pour le marché japonais.

Quant aux marchés émergents, ils continuent d’offrir des opportunités grâce à leur rôle au sein de la chaîne de valeur de l’intelligence artificielle. Taïwan et la Corée du Sud comptent parmi les principaux bénéficiaires, tandis que l’Inde conserve de bonnes perspectives de croissance à moyen terme. La Chine, malgré les défis structurels auxquels elle continue de faire face, déploie des efforts considérables pour jouer un rôle de premier plan dans le développement de l’intelligence artificielle grâce à sa propre infrastructure technologique, qui vise à renforcer sa compétitivité et sa croissance industrielle.

L’électrification, voie vers le leadership technologique

Production totale d’électricité (TWh) :

comparaison entre la Chine, les États-Unis et l'Union européenne

Font: Allianz Global Investors, Ember, Energy Institute – World Energy Statistical Review, March 2026

Revenu fixe : plus attractif, mais avec une gestion sélective

Après les fortes fluctuations de ces dernières années, les placements à revenu fixe ont regagné en popularité grâce à leurs niveaux de rentabilité actuels.

Toutefois, l'opinion sur la dette publique reste prudente. Nous estimons que les obligations d'État présentent un profil risque/rendement moins attractif, notamment en raison du risque de durée élevé et de l'aggravation des déficits publics, en particulier aux États-Unis.

En revanche, nous continuons à privilégier le crédit d’entreprise, tant en Europe qu’aux États-Unis, à condition qu’il soit géré de manière active afin de sélectionner les entreprises présentant les fondamentaux les plus solides dans un environnement toujours marqué par la volatilité.

Une vision constructive, sans perdre de vue les risques

Le contexte actuel reste favorable aux actifs à risque grâce à la solidité des bénéfices des entreprises, à l'importance de l'intelligence artificielle et à la résilience de l'économie mondiale.

Pour autant, ils conservent une attitude prudente à l'égard des risques susceptibles d'influencer les marchés, tels que l'évolution des tensions géopolitiques, le comportement des prix de l'énergie, l'inflation ou certains segments du crédit privé.

Dans ce contexte, la diversification, la sélection rigoureuse des investissements et la gestion active demeurent les outils les plus appropriés pour faire face à un marché qui, malgré les opportunités qu’il présente, continue d’exiger discipline et vision à long terme.