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Conflit au Moyen-Orient : situation actuelle et impact potentiel sur les marchés

MoraBanc 2026-03-02

Ce week-end, les États-Unis et Israël ont mené des frappes aériennes sur des cibles en Iran. L’opération a entraîné la mort de plusieurs hauts responsables du régime iranien, dont le guide suprême, et a considérablement accru les tensions géopolitiques dans la région.

L’Iran a annoncé des représailles, et des échanges de missiles et de drones ont eu lieu dans différentes régions du Moyen-Orient. Des perturbations ont également été constatées dans l’espace aérien du Golfe et des avertissements ont été émis concernant le trafic maritime dans le détroit d’Ormuz, voie de passage essentielle pour le transport mondial du pétrole.

Avant les attaques, le prix du pétrole avait déjà atteint son plus haut niveau de ces derniers mois. Aujourd’hui, à la réouverture des marchés, le Brent a progressé de près de 10 % et l’or, généralement considéré comme une valeur refuge, a également enregistré un fort rebond.

Pourquoi le pétrole est-il si important ?

Le pétrole est le principal vecteur par lequel ce conflit peut affecter l’économie mondiale.

Le détroit d’Ormuz est un point stratégique : plus d’un cinquième de la consommation mondiale de pétrole brut transite par cette voie. Si le trafic maritime était interrompu pendant une période prolongée, l’impact sur les prix de l’énergie pourrait être important.

Pour l’instant, un impact limité et temporaire sur l’approvisionnement est envisagé. La production dans la région se maintient, malgré quelques incidents ponctuels, et d’autres pays producteurs (OPEP+) ont annoncé des augmentations de leur production. S’il est confirmé qu’il n’y a pas de dommages structurels sur les infrastructures clés, il est possible que le fort rebond initial des prix du pétrole se modère au fil des jours ou des semaines.

Quel impact cela peut-il avoir sur la croissance et l’inflation ?

Une hausse du prix du pétrole affecte l’économie, principalement de trois manières :

  • Les coûts pour les familles et les entreprises augmentent, ce qui peut ralentir la croissance.
  • Cela avantage les pays exportateurs de pétrole brut et nuit aux importateurs.
  • Cela peut engendrer de l’inflation, surtout à court terme.

Il est à noter que les économies actuelles sont moins dépendantes du pétrole qu’elles ne l’étaient il y a plusieurs décennies.

Si la hausse du prix du pétrole est ponctuelle, l’impact sur la croissance mondiale serait donc limité. Le risque s’accroît si les prix de l’énergie restent élevés pendant plusieurs mois, car cela pourrait retarder d’éventuelles baisses des taux d’intérêt et exercer une pression supplémentaire sur la consommation.

Comment réagissent les marchés ?

Dans les situations d’incertitude géopolitique, il est fréquent de constater :

  • Des bourses plus volatiles, notamment dans les secteurs sensibles au cycle économique et aux prix de l’énergie (transport, consommation, industrie).
  • Une meilleure performance relative des secteurs liés à l’énergie.
  • La recherche d’actifs refuges, comme le dollar ou l’or.
  • Des mouvements sur les marchés obligataires, avec des ajustements des anticipations de l’inflation et des taux d’intérêt.

Ce n’est qu’en cas d’interruption grave et durable de l’approvisionnement énergétique que nous pourrions constater un impact plus profond et durable sur les marchés financiers mondiaux.

Considérations stratégiques relatives aux investissements

Les épisodes géopolitiques ont tendance à générer de la volatilité à court terme. Historiquement, cependant, l’impact sur les marchés a été d’une durée limitée s’il ne se transforme pas en choc économique durable. Réduire hâtivement les risques lors de phases de tension maximale s’est rarement avéré une stratégie efficace.

À ce stade, la clé consiste à suivre de très près l’évolution du conflit et, surtout, le comportement du pétrole. La durée et l’intensité des fluctuations des prix de l’énergie seront déterminantes pour évaluer s’il s’agit d’un épisode de tension ponctuel ou d’un changement plus profond du contexte économique mondial.

Nous continuerons à suivre la situation et à signaler toute nouveauté pertinente.