Planification Financiere

FORMER POUR AGIR. Tracer la voie : comment planifier la succession familiale suffisamment à l’avance et sans décisions hâtives

2026-10-14

« Chez nous, nous avons un don particulier : celui de reporter les conversations difficiles. »

Ainsi commence l’histoire de Meritxell et Joan, un frère et une sœur qui ont en commun bien plus qu’une entreprise familiale. En effet, ils ont bâti ensemble un héritage au fil des ans, une responsabilité envers la génération suivante et quatre enfants avec des projets très différents pour l’avenir.

Comme dans bon nombre de familles, ils savent tous deux que tôt ou tard, ils devront aborder la question de la succession de l’entreprise et de la transmission de ce patrimoine. Mais on a toujours l’impression qu’il y aura un moment plus propice pour cela.

Joan ne pense pas encore prendre sa retraite. Les enfants ne sont pas préparés pour prendre la relève. Et cette conversation ne se limite pas seulement à l’entreprise : il y a aussi des biens immobiliers, l’épargne, les placements et les différents besoins de la famille.

Leur histoire correspond à un cas de figure habituel. Quand on pense à l’héritage, on a tendance à se concentrer sur ce que l’on laissera derrière soi : une maison, de l’épargne, un portefeuille d’investissements ou une entreprise familiale. Mais une question encore plus importante se pose :

Préparons-nous notre patrimoine pour qu’il parvienne à la génération suivante de manière ordonnée, efficiente et cohérente, et conformément à l’objectif pour lequel nous l’avons constitué ?

Planifier la succession, c’est lancer la conversation

La planification successorale ne se résume pas à décider qui héritera de quoi. Elle constitue un élément fondamental de la planification financière et patrimoniale, car elle permet de protéger le fruit de toute une vie et d’en faciliter la transmission.

Le fait d’en parler peut mettre mal à l’aise. On se dit souvent que ce n’est pas encore le bon moment pour en parler, que les enfants ne sont pas prêts ou que nous prendrons ces décisions à l’approche de la retraite.

Mais reporter indéfiniment cette discussion est aussi une décision. Et elle peut avoir des conséquences économiques, fiscales et émotionnelles.

Dans le cas de Meritxell et Joan, la première chose à faire ne consiste pas à répartir le patrimoine. Elle consiste à définir ce qu’ils souhaitent protéger, le rôle que l’entreprise doit jouer à l’avenir et comment ils peuvent prendre en compte les différents projets de vie de leurs enfants.

Le patrimoine ne se résume pas à ce que l’on possède, mais aussi à la manière dont il est organisé

Toutes les familles sont différentes. Et il en va de même pour le patrimoine.

Certaines familles concentrent une part importante de leur patrimoine dans l’immobilier. D’autres détiennent des parts sociales dans une entreprise familiale, des portefeuilles d’investissement ou des actifs avec différentes législations applicables.

Par conséquent, lors d’une planification successorale, il ne suffit pas seulement de connaître la valeur totale du patrimoine. Il est également nécessaire d’analyser :

  • sa répartition ;
  • l’importance relative de chaque type d’actif ;
  • les actifs facilement transmissibles ou divisibles ;
  • les revenus et les dépenses générés par chaque actif ;
  • et l’importance que revêt chaque actif pour le projet familial.

Le fait de connaître la structure du patrimoine permettra de savoir si sa transmission sera simple ou complexe.

Dans une famille comme celle de Meritxell et Joan, par exemple, une entreprise n’est pas qu’un simple actif économique. Elle peut aussi représenter une histoire commune, une source de revenus, une responsabilité et un projet que certains enfants souhaiteraient poursuivre et d’autres non.

Les liquidités : les grandes oubliées des successions

Les liquidités correspondent à un concept financier fondamental dans toute planification successorale.

Un patrimoine peut avoir une valeur élevée tout en offrant peu de liquidités. Il est fréquent qu’une part importante du patrimoine soit concentrée dans l’immobilier, dans des actions et des parts sociales d’entreprises, ou dans des placements difficilement convertibles en argent.

Au moment de la transmission du patrimoine, certaines obligations doivent cependant être assumées dans l’urgence. Impôts, taxes, frais de notaire, démarches administratives, coûts d’entretien ou besoins financiers immédiats des bénéficiaires peuvent survenir.

Faute de liquidités suffisantes, les héritiers peuvent être contraints de vendre des biens à la hâte, au mauvais moment ou sans avoir pu évaluer toutes les solutions possibles.

Planifier ses liquidités, c’est anticiper ses besoins afin de laisser à la famille la possibilité de décider. Il ne s’agit pas seulement de disposer de fonds, mais aussi d’éviter qu’une urgence financière ne compromette l’avenir d’une entreprise, d’un bien immobilier ou d’un investissement.

La fiscalité fait également partie intégrante de la stratégie successorale

La manière dont le patrimoine est transmis peut avoir un impact fiscal significatif.

Les conséquences dépendent, entre autres, de la législation applicable, du type de biens, du lien de parenté entre le propriétaire et les bénéficiaires, ainsi que de la structure du patrimoine.

L’objectif d’une bonne planification fiscale n’est pas d’éluder les obligations fiscales, mais de les comprendre, de les anticiper et de veiller à ce que la transmission s’effectue de manière efficiente tout en respectant le cadre légal.

Il est également important de rappeler que la planification successorale n’est pas une décision figée. La réglementation peut évoluer, tout comme la situation des familles : naissances, changements de projets professionnels, cessions d’actifs, création d’entreprises ou apparition de nouveaux besoins.

C’est pourquoi la planification doit être revue régulièrement.

Diversifier, c’est aussi protéger l’avenir

Quand on parle de diversification, on pense souvent aux investissements. Mais la diversification du patrimoine peut aussi jouer un rôle important dans une succession.

Un patrimoine trop concentré sur un seul actif peut compliquer sa répartition ou sa gestion. Cela est particulièrement le cas lorsque l’actif principal est une entreprise familiale ou un bien immobilier difficilement divisible.

Une structure plus équilibrée peut offrir :

  • une plus grande flexibilité pour s’adapter aux besoins des bénéficiaires ;
  • plus de solutions alternatives pour répartir le patrimoine ;
  • plus de liquidités pour faire face aux obligations ;
  • et moins de pression incitant à vendre des actifs au mauvais moment.

Diversifier ne signifie pas nécessairement se débarrasser d’actifs qui font partie de l’histoire de la famille. Il s’agit plutôt d’analyser si la structure actuelle permettra à ces actifs de continuer à remplir leur fonction à l’avenir.

Quatre enfants, quatre projets de vie

Dans la vidéo, Meritxell évoque la présence de « quatre enfants aux projets de vie très différents ».

Cette phrase résume l’un des principaux défis de la planification successorale : traiter de manière équitable les membres d’une famille ne signifie pas forcément leur accorder exactement la même chose.

L’un des enfants peut souhaiter participer à la gestion de l’entreprise. Un autre peut préférer faire carrière dans un autre secteur. L’un peut avoir besoin de liquidités pour mener à bien un projet, tandis qu’un autre peut préférer maintenir un investissement à long terme.

Une bonne planification permet d’identifier ces différences et d’étudier comment les concilier avec la volonté des propriétaires du patrimoine.

L’objectif n’est pas de décider à la place des héritiers, mais de définir un cadre clair qui réduise les incertitudes et permette à chacun de réaliser son projet de vie.

Un testament, c’est essentiel, mais ce n’est pas suffisant

Rédiger un testament est l’un des outils les plus importants de la planification successorale. Cependant, il ne constitue qu’un élément parmi d’autres.

Une planification complète peut également inclure :

  • une vérification régulière de la structure du patrimoine ;
  • une analyse des liquidités disponibles ;
  • une étude des implications fiscales ;
  • une vérification de la désignation des bénéficiaires pour certains produits ;
  • une évaluation des besoins futurs de la famille ;
  • la définition de la succession possible de l’entreprise familiale ;
  • la coordination des décisions relatives au patrimoine avec les objectifs financiers à long terme ;
  • et l’établissement d’un calendrier de révision de la planification.

Le testament indique comment certains biens doivent être distribués. La planification successorale permet de créer les conditions nécessaires à la meilleure application possible de ce testament.

Comment commencer à tracer la voie ?

Nul besoin d’avoir toutes les réponses pour commencer à planifier sa succession. Il est souvent plus utile de commencer par se poser les bonnes questions :

  • Que voulons-nous protéger ?
  • Quel rôle souhaitons-nous que l’entreprise joue à l’avenir ?
  • Quels besoins chaque membre de la famille pourrait-il avoir ?
  • Disposons-nous de suffisamment de liquidités ?
  • Notre patrimoine est-il trop concentré ?
  • Notre structure actuelle répond-elle toujours aux besoins de notre famille ?
  • Quand avons-nous revu pour la dernière fois notre testament et la désignation de nos bénéficiaires ?
  • Qui devrait participer à cette réflexion ?

Le fait de répondre à ces questions nous permet de passer d’une préoccupation vague à un plan concret.

C’est ce que recherchent Meritxell et Joan lorsqu’ils sollicitent de l’aide : non pas une réponse toute faite, mais une vision globale qui tient compte de la famille, de l’entreprise, du patrimoine et des projets de vie de la génération suivante.

Le plus bel héritage, c’est la tranquillité d’esprit

L’héritage est le fruit d’années d’efforts, de travail et de décisions. Mais sa véritable valeur ne se mesure pas seulement en euros. Elle se mesure aussi par sa capacité à protéger ceux qu’on aime le plus et à perpétuer les projets pour lesquels il a été bâti.

La planification successorale vise à réduire les incertitudes, à éviter les décisions hâtives et à faciliter le dialogue qui, même s’il est difficile, peut apporter clarté et sérénité.

Au terme de leur histoire, Meritxell et Joan n’ont pas tout réglé définitivement. Mais ils ont fait une chose essentielle : ils ont défini ce qu’ils veulent protéger, ils ont commencé à en parler et ils disposent d’un plan qu’ils pourront modifier au gré de l’évolution de leur situation.

Ils ont tracé la voie.

Former pour agir

La planification successorale ne consiste pas à penser à la fin. Il s’agit de protéger l’avenir de nos proches avec le même soin que celui que nous avons apporté à la construction de notre propre patrimoine.

Chez MoraBanc Wealth Planning, nous partons des objectifs de chaque famille pour analyser globalement leur patrimoine, leurs liquidités, leur diversification, leur fiscalité et les projets de vie des différentes générations.

Souhaitez-vous tracer la voie ? Parlons de ce que vous voulez protéger et de l’avenir que vous souhaitez contribuer à bâtir.

CONTACTEZ L’ÉQUIPE DE MORABANC WEALTH PLANNING

L’avenir ne s’improvise pas. Il se planifie.